Vous êtes ici : Accueil » Actualités

PédAlSie – retour sur le voyage de deux jurassiens vers l’Asie.

Les Cyclonautes étaient partenaires de l’équipée Pédalsie. Baptiste et Anthony, les deux compères à l’origine de ce projet sont partis de le 2 janvier 2017 de Moirans-en-Montagne après quelques mois de préparation. La Mongolie, qui était la destination de départ, s’est dérobée à cause de problèmes de visa; mais ils ont visité bien d’autres pays et routes, passant notamment par l’Hymalaya et les plus hautes routes du monde. Ils sont revenus un peu plus d’un an après et ont repris le rythme de la vie d’ici. Nous nous sommes revus pour reparler un peu en détails de leur aventure sous forme d’une petite interview.

Jour du départ à Moirans-en-Montagne, le 2 janvier 2017.

Après les premiers jours, comment avez-vous vécu le quotidien sur un si long trajet?

On a pris la route à trois et on s’est dirigé vers le sud avec une personne qui était expérimentée dans le voyage à vélo, ce qui nous a concrètement mis le pied à l’étrier. Après 15 jours environ nous avons eu une grosse remise ne question, notamment à cause de problèmes techniques : casse de chaîne, crevaisons, fonctionnement délicat des transmissions. Et c’était l’hiver. Les quatre premiers mois ont été assez éprouvants; il a fallu se concentrer sur les objectifs, sur les étapes les unes après les autres. Les rencontres et le fait d’avoir régulièrement des points de chute grâce à des recommandations nous ont pas mal aidé.

Du point de vue du pédalage, après les quelques premières étapes, la musculature est en place et il n’y a pas eu de problème majeur.

Comment cela a-t-il été avec le matériel ?

Les freins hydrauliques ont posé quelques problèmes, et cela a été très difficile de trouver des patins de rechange. Ils sont facilement disponibles en europe de l’ouest mais au delà, cela pose de vraies difficultés, surtout si cela affecte le fonctionnement des freins. Il aurait fallu prévoir un stock à emmener dès le départ. 

La mousson népalaise a mis à l’épreuve l’étanchéïté des sacoches après plus de 10000km. Tout a rapidement été mouillé et il a fallu utiliser des sacs poubelle à l’intérieur des sacoches pour protéger les affaires.

Nous avons dû nous séparer des remorques à un moment donné. Bien que stables et solides elles étaient trop lourdes et encombrantes. Il aurait fallu opter pour des remorques à une roue et avec suspension pour pouvoir continuer sur les routes abîmées et les chemins. Mais de manière générale, nous avions trop de bagages pour le voyage, sans compter le chargement de jouets que nous avions emmené pour les échanges avec les écoles.

On est aussi venu à bout de 3 ou 4 pompes, toutes ont cassé. Il aurait vraiment fallu prendre un modèle très solide dès le départ, quitte à ce qu’il soit plus lourd.

Une sorte de sélection naturelle s’est faite au long du trajet. Il faut miser sur du matériel solide, facilement réparable et aussi peu sophistiqué que possible : freins V-Brakes à patins standards, pneus et chambres à air standards etc. Mais les standards ne sont pas partout les mêmes. Les cadres et roues ont, eux, bien tenu. 

Heureusement on a pas eu de diffucltés musculo-squelettiques, de douleurs dûes à une mauvaise position ou autre. Rapidement les cuissards ont été abandonnés comme superflus, les selles en cuir faisant très bien le travail d’adaptation.

Dans le parcours, l’Inde a été un peu une déception je crois ? Et que s’est-il passé avec la Mongolie ? Est-ce que avec le recul vous feriez un trajet différent ?

On ne peut pas dire qu’un pays ou l’autre ait été une mauvais expérience. L’Inde a été un pays difficile par la culture particulière, la densité dans laquelle tout à coup nous avons été plongés et auxquels on ne s’attendait pas. Ce n’est pas un pays « spacieux » et jusque là le voyage à vélo nous avait offert beaucoup d’espace et de calme.

En Asie du Sud-Est st les échanges sont plus difficiles car ce sont des pays touristiques et en tant que tels on subit beaucoup de sollicitations et c’est une position ambigüe qui nous mettait un peu mal à l’aise. L’Asie du Sud-Est comprend de nombreux pays, ces traversées et ces changements sont chaque fois des cultures et des modes de fonctionnement à comprendre et qui finissent par être éprouvants.

Pour la Mongoie, la législation a changé durant notre trajet; il n’y avait alors plus d’entrée possible et nous nous sommes trouvés bloqués au Kirghizistan. Alors nous avons opté pour l’Hymalaya, qui nous faisait assez rêver et où les routes se sont avérées terribles. Mais ça valait le détour!

A 3980m d’altitude au Col de Rohtang, dans le massif de l’Hymalaya. (photo PédAlSie)

L’accueil que nous avons reçu dans les pays musulmans et en particulier en Iran, a été fantastique. Ce sont des pays qui mériteraient vraiment qu’on s’y attarde. 

Globalement, nous avos traversé 22 pays en 1 an et demi ce qui fait beaucoup; c’est trop rapide en fait. Si nous faisions un nouveau voyage du genre, ce serait une exploration plus lente, plus approfondie sur quelques pays seulement.

Quels sont les questions, les doutes que l’on rencontre ? Sur le plan physique, moral, humain, politique ? Quelles sont les certitudes que l’on acquiert à la fin ?

Il y a des doutes permanents sur tout. Alors après l’organisation et le contrôle, il faut se laisser voyager. Nous n’avions pas de doute sur la valeur du projet, grâce aux soutiens que nous avions eu et à ceux que nous recevions lors des rencontres que nous faisions. Le maintien du site internet et de la partie numérique a été difficile à assumer. Cela prend du temps et de l’énergie, or à la fin d’une journée de pédalage et de camping où l’on cherche surtout le repos cela est très vite difficile à trouver. En tant que sédentaires nous sommes habitués à une connexion efficace, mais quand il faut quatre heures pour publier quelques photos cela devient très décourageant. Le partage numérique est aussi très délicat car il faut formuler les choses de manière plutôt positive, même les difficultés. Mais nous avons aussi beaucoup écrit et nous conservons des cahiers de bord détaillés. Ceux-là on les garde pour nous.

La certitude que l’on acquiert est que tout est possible. Tu peux être qui tu veux, faire ce que tu veux de ta vie. Cela peut paraître niais ou grandiloquent mais c’est exactement ça.

Par ailleurs on est plus fort à deux ou à plusieurs. Cela nécéssite de concilier, de s’aider et de s’accorder. On a appris à cumuler les qualités.

Est-ce que le retour à la vie normale s’est fait facilement ? Qu’est-ce qu’on retrouve avec plaisir ?

Quand nous sommes rentrés, en avion, nous avons directement entammé un petit tour de France en vélo pour finir dans le Jura. C’était en avril; pendant un mois et demi nous avons ainsi fait le tour des personnes que nous avions croisées ou de connaissances qui nous avaient suivi et qui se trouvaient en France. Cela nous a permis de ne pas nous arrêter brusquement de rouler et de revenir progressivement à l’état sédentaire. 

Ce que l’on a retrouvé avec plaisir, hormis le pain le vin et le fromage, c’est le confort basique : l’eau courante, les douches et WC, l’eau chaude, un lit. Ce sont des luxes inestimables.

Nous avons ensuite repris le travail sur des chantiers de rénovation d’appartements. Cela a été un peu rude de reprendre ce rythme, mais nécessaire pour les finances. Puis nous avons enchaîné sur  des emplois de saisonniers.

Et votre « mission » qui consistait à rencontrer des enfants dans des écoles pour échanger des jouets ? Est-ce qu’elle vous a satisfaits ? Comment cela s’est-il passé ?

Nous avons pu emmener les jouets aux enfants auprès d’écoles ou d’institutions s’occupant d’enfants. Ça a été des moments de partage exceptionnels, en Inde et au Laos par exemple. Mais cela a été compliqué à organiser, les prises de contacts, la logistique etc. Cela demanderai en fait une grosse organisation, une mission plus importante en étant sur place plus longtemps; c’était en fait délicat à concilier avec l’itinérance et l’improvisation que cela requiert au quotidien.

Est-ce que vous faites encore du vélo ?

Non, plus vraiment. Notre pratique c’est plutôt dans un projet d’aventure, pas tellement de vélo au quotidien.

Quels sont vos prochains projets ?

Trouver un nouveau projet prend du temps et de l’argent. Nous sommes revenus les poches vides, sans un sou. Il faut donc se remettre à flots question argent. Et puis on réfléchit à nos projets de vie. Mais l’envie de faire d’autres choses demeure, et on sait à quel point tout est possible.

Pas mal pour un premier voyage à vélo. Tout est possible.

La page Facebook de PédAlSie est encore active, si vous souhaitez revivre leurs aventures : https://www.facebook.com/PEDaLsie/

Plutôt crever ! L’anti-anti-crevaison

Les visuels de présentation des pneus de vélo sont devenus remarquables. L’image de synthèse façon « vue éclatée » apporte un beau supplément de technicité et insiste en même temps sur la transparence de sa fabrication. Nombre de ces vues mettent bien en avant la prothèse anti-crevaison sous la bande de roulement. Car la panne la plus fréquente à vélo est sans doute la crevaison. C’est aussi la moins prévisible. Un câble ou une chaîne qui cassent donnent généralement des signes avant-coureurs de faiblesse. Mais la crevaison peut arriver sur un pneu neuf; elle dépend du hasard et de ce qui se trouve sur la route. Pour cela les pneus anti-crevaison paraissent être une solution inattaquable, même si ils ne garantissent pas à 100% des crevaisons, évidemment.

Crever ou ne pas crever, telle est la question. Contre la hasard et la chance, la technicité et la transparence.
Image provenant du site www.velotech.fr

 Les roues sont un élément fondamental dans le comportement d’un vélo. La qualité des pneus peut changer la donne : confort, sensation, amorti, rendement etc. tout cela dépend en partie de ce qui garnit la jante. Outre la structure, la section, la souplesse, la présence ou l’absence de tringles sur le pneu, le profil et la largeur de la jante influent également sur le comportement du vélo. Or, malgré les vues en éclaté et force démonstration de plantage de punaises, les informations sur les pneus restent difficiles à comprendre et à interpréter.

Un ramasse-punaise bien utile.
Image provenant du site www.lecyclo.com

 Le site Vélofcourse détaille un certain nombre de ces carcactéristiques et les enjeux qui y sont liés pour le cycliste dans un article très clair : http://www.velofcourse.fr/velo-materiel/pneu-choix/.
Certes, tout le monde n’a pas d’intérêt pour le rendement d’un pneu, son grip spécifique en danseuse ou sa capacité à relancer. Pour autant, on peut vouloir rouler efficacement sur un vélo normal. Et ce qui ressort de ce tour d’horizon des caractéristiques des pneus c’est qu’il faut faire des choix entre confort, rendement, anti-crevaison, poids, accroche, durabilité. Les renforts de carcasse et ajouts de protections, la dureté de la gomme de la bande de roulement font qu’un pneu dure longtemps et pare les crevaisons… mais aussi qu’il est particulièrement lourd, rigide et inconfortable. Les pneus Schwalbe Marathon, pour prendre l’exemple le plus connu, cumulent tous les atouts anti-crevaison; c’est l’argument de vente massue. Mais ce sont les pneus les plus inconfortables qui soient. Même peu gonflés, même de grande section, ils sont rigides et dénués d’agrément routier. Mais comme ils sont aussi parmi les moins chers (de façon inversement proportionnelle avec la quantité de matériau utilisé, étrangement), ils convainquent facilement. Qui voudrait d’un pneu plus cher et sans dispositif anti-crevaison ?

Pourtant, voilà un argument bien trop évident et trop consensuel pour ne pas être suspect. Parce qu’on ne peut pas vendre des pneus seulement en misant sur la peur de crever et occulter toutes les raisons qu’il y a de rechercher d’autres qualités dans un pneu : le confort, le roulant, la sensation incroyable qu’un vélo bien chaussé peut offrir de planer à la surface de la route, d’être sur un tapis volant et pourtant d’en percevoir le relief très précisément. Et parce que, si la crevaison est imprévisible, elle est aussi l’une des pannes les plus aisées à réparer. Pourquoi vouloir alors à tout prix l’éviter ? le prix du matériel nécéssaire est modique et l’encombrement minimum. Réparer une chambre à air n’a rien de compliqué et permet de la conserver longtemps. Les pneus souples et sans trop de dispositifs anti-crevaison se démontent facilement à la main; il n’est pas même nécessaire de démonter la roue pour réparer la crevaison et 20mn suffisent pour pouvoir repartir. Alors ?

Que paye-t-on dans un pneu si ce n’est le dispositif anti-crevaison? Le savoir-faire, la précision, la qualité de fabrication, le choix des matériaux : le pneu en somme, considéré comme une vraie partie roulante du vélo et non comme un argument de vente. Bien entendu, le fait que la production de ces pneus ne soit pas aussi massive implique un prix de vente plus élevé.

Mais tel est le paradoxe des pneus anti-crevaison : ils sont si épais, si raides, qu’ils sont difficiles à monter et démonter sans outils spécifiques.
Pour exemple, Hutchinson avait crée Serenity, une chambre increvable. Le montage requiérait une jante spécifique au point qu’une entreprise se proposait carrément de vendre la roue complète montée. Gare alors à ne pas casser un rayon ou voiler la jante! Cela date de 2012 et la révolution promise alors n’a pas eu lieu : le produit n’est plus commercialisé.

https://newatlas.com/no-flat-bicycle-tire-wheelset/23435/

Serenity, un vrai pneu de Fakir.
Image provenant du site www.cdiscount.com (mais il n’est plus en vente)
A faire monter par un fakir professionnel. La sérénité, cela se paie.
Image provenant du site www.biketiresdirect.com

Il faut donc choisir. La « sérénité » que l’on nous propose en misant sur la peur de crever est, certes, vendeuse. Cependant faire du vélo ne se résume pas à cela, mais à quelque chose d’autrement positif : rechercher l’agrément, observer, sentir, apprécier le confort, le roulant d’un bon équipement. Et savoir réparer et entretenir soi-même son matériel.
Plutôt crever, donc, que de mal rouler.


 

Smarter Cycling : à qui profite la connexion ?

———————————————————-

Mobilité durable, fin de la congestion du trafic, partage, mobilité choisie, multimodalité, réduction de l’impact environnemental… Ces enjeux actuels sont tous reliés par la question cruciale du transport et des déplacements, notamment urbains mais pas exclusivement. La recherche et les expérimentations sur les mobilités sont en pleine effervescence; poussées par les crises, celle des gilets jaunes ou du dérèglement climatique par exemple.

Lire la suite

Liens Internet et Partenaires

Voici un dossier qui manquait : des liens vers des sites de tous ordres se rapportant de près ou de loin au vélo et au voyage à vélo. C’est une première liste qui est destinée à s’allonger.

Lire la suite

Nouveau produit en location

Les éclairages vélo Cateye Volt 800 et Cateye Rapid2 sont en location sur les Cyclonautes. Voici les caractéristiques de ces éclairages adaptés à l’usage quotidien comme à l’itinérance ou à la route de nuit.

Lire la suite

Quelles sacoches pour quel voyage ?

Que ce soit pour un achat ou pour une location la question du matériel adéquat se pose : sacoches, remorques etc… De quoi a-t-on vraiment besoin en termes de capacités de chargement ?

Lire la suite

Préparer un vélo pour un voyage

Les vélos dédiés au voyage ou à la randonnée sont nombreux. Mais plus ils sont spécifiques plus ils sont chers. Alors qu’on peut partir avec à peu près n’importe quel vélo, si l’on y est bien posé.

Lire la suite

La grande question des remorques…

La remorque à vélo est de plus en plus répandue dans le monde du voyage à vélo. 

Lire la suite